Cet examen consiste à introduire une caméra dans l’estomac du cheval en passant par le naseau, la cavité nasale, le pharynx puis l’oesophage. Cet examen de 20-30 minutes s’effectue toujours sur un cheval à jeûn d’au moins 12 heures afin d’avoir un visuel correct sur les parois de l’estomac pour pouvoir analyser ses muqueuses.
La plupart du temps ce sont des lésions ulcératives qui sont recherchées, mais il est également possible de mettre en évidence des parasites, une sténose pylorique ou même, dans de rares cas, des corps étrangers ou des tumeurs. Selon les dernières études, près de 60 %des chevaux de loisir et 90 % des chevaux de sport présentent des lésions stomacales, et pourtant 40% d’entre eux ne montrent aucun signe clinique.
Alors comment reconnaître les signes et savoir si votre cheval est atteint?
Il est très difficile de relever des signes clairs montrant l’inconfort digestif associés aux ulcères gastriques, c’est une véritable douleur silencieuse.
Certains de ces signes pourraient tout de même vous mettre la puce à l’oreille:
Baisse de performance sportive
Baisse d’appétit
Perte de poids
Grincements de dents
Réactions au sanglage (agressivité, mordillements, ..)
Réaction à la jambe du cavalier
Bâillements successifs
Signes de coliques
La gastroscopie est le seul moyen de poser un diagnostic précis et permet d’adapter le traitement en fonction de la localisation et de la sévérité des lésions.
Comment prévenir et traiter les ulcères gastriques chez le cheval?Pour pouvoir prévenir correctement les ulcères gastriques il faut d’abord comprendre le fonctionnement de l’estomac.
Pourquoi l'estomac est-il si fragile ?
Contrairement à nous, le cheval est un "mangeur continu" et il est censé mastiquer 15-16 h/jour! Son système est conçu pour ingérer de PETITES QUANTITES de fibres TOUT AU LONG DE LA JOURNEE (30m de tube digestif).
La digestion commence déjà dans la cavité buccale avec la mastication et la production de salive, puis le bol alimentaire passe par le pharynx, l’oesophage pour arriver dans l’estomac où la digestion continue grâce à l’acidité qui y est excrétée. Ensuite, le bol alimentaire poursuit sa route vers l’intestin grêle (duodénum, jéjunum, iléon) avant d’arriver dans le gros intestin (caecum, colon ascendant, colon transverse, colon descendant) et terminera sa course dans le rectum avant d’être expulsé par l’anus sous forme de crottins.
Si on se concentre sur l’estomac: C’est une « poche » de 15 à 20L qui se vide en moins d’1h. L’entrée de l’organe est délimitée par le cardia et la sortie par le pylore, chacun des sphincters consititués de muscles.
L’estomac est naturellement divisé en 2 zones qui ont chacune un rôle à jouer:
La zone glandulaire (en bas) : robuste et possède une couche de mucus protecteur, c’est cette zone qui produit de l’acide chlorhydrique (HCl) en continu et garde un pH très bas (1-2).
La zone squameuse (en haut) : ne présente aucune protection naturelle, elle est séparée par la zone glandulaire via la margo plicatus et présente un pH de 5-7.
La salive, le meilleur allié naturel :
Le cheval ne produit de la salive qu'en mâchant. Cette salive est riche en bicarbonates qui neutralisent l'acidité de l’estomac. Pas de mastication = pas de protection.
La partie glandulaire de l’estomac produit de l'acide en continu, qu'il mange ou non. S'il n'y a pas de nourriture pour "éponger" cet acide, le pH chute drastiquement et peut attaquer les parois de l’estomac et ainsi créer des lésions plus ou moins profondes qu’on appelle des ulcères.
En fonction de ces lésions, de leur localisation et leur sévérité, le traitement est adapté et permet de cibler la cicatrisation.
Passons à la prévention des ulcères gastriques.
L'alimentation : La règle d'or des fibres, c'est clairement le levier le plus puissant.
Foin à volonté : C'est la base absolue. Le cheval ne devrait jamais passer plus de 4 à 6 heures sans manger. Le foin crée un "matelas" physique au-dessus du suc gastrique, empêchant les éclaboussures vers le haut de l'estomac, la partie non protégée, sans oublier l’effet tampon de la salive qui est produite uniquement lors de la mastication.
Fractionner les concentrés : Évitez les gros repas de grains. Plus de 2 kg de granulés d'un coup augmentent la production d'acide et le risque de fermentation. Il est préférable de donner les concentrés en petites quantités tout au long de la journée.
Réduire l'amidon : Les sucres et l'amidon présents dans les concentrés favorisent l'acidité dans l’estomac. Privilégiez les aliments riches en fibres et en matières grasses pour l'énergie, mais pauvres en sucre et amidon (<10% cumulés, ne pas excéder 1 g d'amidon/kg de poids vif/repas), vérifiez donc bien la composition de vos concentrés!L’ordre dans lequel vous donnez les aliments a son importance, on préfère administrer le fourrage avant les concentrés afin de contrer la baisse du pH engendrée par ceux-ci via la mastication et la salive apportées par les fourrages.
La gestion de l’exercice: adapter l’activité
Ne jamais travailler à jeun : Un estomac vide pendant un effort est un fortement contre-indiqué (l'acide éclabousse les parois non protégées et les attaque). Assurez-vous qu'il ait mangé un peu de foin juste avant le travail.
Échauffement progressif : Le stress physique intense augmente la pression abdominale et pousse l'acide vers la zone sensible.
Le mode de vie et le stress. Le stress réduit l'irrigation sanguine de la paroi stomacale, ce qui peut l'affaiblir.
Sorties au paddock : Le mouvement libre et le contact social réduisent le stress, le cheval est un animal grégaire, il n’est pas fait pour être isolé.
Routine stable : Gardez des horaires fixes pour les repas pour éviter tout stress ou excitation durant la distribution.
Transport : C'est un facteur de stress majeur. Prévoyez toujours un filet à foin bien rempli pendant le voyage.
L'hydratation
Eau propre et tempérée : Un cheval qui ne boit pas assez mange moins de fibres, ce qui dérègle tout le cycle gastrique. Une eau saine et tempérée à volonté est donc indispensable.